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Nouveau poème… new poem…

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Les derniers flamants du dernier jour.

 

C’était un soir avec une autre intention de soir.

Un soir déposant ses desseins sur les cils de nos humeurs de fleurs ou de ravins, dans le creuset de nos efforces au monde, ou glissé sous les paupières, closes comme levées, et à l’encre portée sur les racines et les cimes.

Un soir de très haute emprise et ample à caresser les vents souverains des hautaines circonférences et parfois même des centièmes solitudes, mais aussi, à l’autre angle forcé, à fouiller les terreaux de grottes et les bas-méandres de gravités, en quête des secrets du tremblement des dermes et de la chimie des larmes… un soir d’humeur à vous débusquer.

C’était un soir de fin de jour de tâches accomplies, quand le corps décante le labeur après les gestes et le zèle et que la chaleur tombe du nœud des épaules vers la terre et s’offre au gazeux des pensées en prises basses et rassasiées qui se disposent.

Un soir à voûter le jour sous le grand muscle de son calme, et prêt à couvrir de sa grande forme la terre résignée, comme une raie femelle toute créature dans l’alcôve.

Il allait bien falloir les compter, les jours passés aux valeurs perdues ou adulées, les jours de verre sous la flagellation de la décote ou sous le mausolât, et les autres ! Les jours à-venir, les incertains, les affolés, les jours bandés et les glacés, ceux de pollen ou de haine ou les dorés sur la boîte des prières et des vœux de propices.

 

Donc ce jour pliait sous le soir dans sa docilité de jour.

Quand soudain, à cette heure sereine ou menace, comme surgi des chants muets et des Grands Fonds du Temps, je vis un fragment de scansion de la Lenteur et de l’Evidence, comme un vol d’ombres à la cadence de siècles, un vol de flamants tardifs, tout en silhouettes, non pas d’os, oh non, mais de cartilage, des flamants des vêpres au rose perdu, cou tendu et pattes d’ajonc, frêles ô frêles, et ailes battant le silence dans la ligne portée comme la flèche de la route du Nord, vers les aires de lacs et de niches.

Alors, ce soir, souvent d’une humeur de résille et de fusain fondu, mais connaisseur suprême des destinées et des brumes d’au-delà et des auras, leur préparait un chemin de ciel à sa grande façon, étirant ses épaisseurs comme des pâtisseries graves et outrées sur le monde embrassé, à l’heure inquiète ou calme du partage des lumières et des teintes.

Et les flamants du rituel, toujours traçant leur ligne de temps sur un fond de ciel de bible.

D’abord une couche fondue de violettes des bordures, plus mauve que la tristesse et foulées sur les monts et posée sur une frange-ciel d’au-revoir impatients et mourants à la vitesse inversée d’une montée de lune, bergère et métronome des nuits sombres et de lait.

Et au dessus, les flamants, comme ceux des blasons, enviés et entrants dans la strate de feu, épaisse et sanguine de saisissement. Tout un jeu d’hypnose et de rutilantes facilités, tous ces jus de rouges et d’orgies aux vertus de méduser, tantôt moût de fond de cuve sur le foyer, ou macérât de braises montées sous le fouet, puis pulpe sous la fusion, et les orangés pâteux et orageux qui mixturent et rissolent en saturations de poisons, en sirop de vitrail fondu… un ciel de sabayon et de sabbat.

Et les flamants, comme ignorant la geste des alchimies du soir et comme coutumiers du grand jeu craché du magma, suivaient leur route de vol sous l’hommage, sans cillements et sans bruit, sous nos regards de corolle et nous faisaient fondre les mots, le squelette de nos phrases et leurs danses sous le cogito, et déposaient les oripeaux de nos grammaires et asséchaient le sérum du verbe… comme des armes sur le sable.

Laissant place à un territoire de souffle et de battements et de zones… et aux lentes ondulations des tentacules du ressac et du ressac… dans les caves du ventre.

C’était un soir trois fois maître et quatre fois sorcier des stigmates sur la carte des âmes toute en traçures de soupirs, en plissements d’impatiences et en gorges de peurs, et en serpentes aussi, en larmiers, en ravinées et en stagnantes. Et en orgue d’échos.

Un soir plus vaste que le grand delta d’une coalition de continents par delà même les falaises d’horizon, un soir aux parures cosmiques et à ses vibrations lié, mais qui tenait aussi dans les cavités de chacun…

… dans un froissement de poche à la pliure d’un portrait du père aux outrages, dans la lie d’un calice un jour de honte imbuvable, dans le sabot mort d’un cheval au pas et à la peine sous l’atteinte ou la charge, ou dans le cri constellé d’un chien sous le velours ou la corne de l’homme à la jauge outrée des vins mauvais, un soir qui tenait dans le reflet inversé d’une flaque de rinçure ou au nid du sous-bois, ou dans le tain mort d’un miroir de carême, dans une piochée de terre sur la rose et la planche et dans le tremblement de l’aïeul aux mains de feuille et aux yeux de chair d’huitre et de glaire, un soir faufilé dans la ligne de paume coite et retournée du soldat, et dans la mémoire du ventre et des veillées.

 

Oui ! Un soir dans le sillage des vols sombres et silence d’une escadre de fragiles au diapason vers les aires de lacs et de replis où il se coucherait aussi de toute sa longueur d’unisson, de certitude et de soupir de paupière, attendant de l’aurore qu’elle libère les brumes, et lui-même, et les promesses, non pas de vivre mais d’y croire, et les flammes ! Alors compte-les ! Compte-les ! Le rire est mort, même de riposte ! Et contemple-les au chant du départ !

… les flammes roses et perdues… des derniers flamants du dernier jour.

 

 

 

23 février

Poulpe noir…

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8 février

Tableaux noirs…

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Sur une base de lithographie.

« Avec juste sa peau sur la peur » et « Hommage à mon père et à François Villon, comme frères d’infortune ».

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1 janvier

Empathy for 2020!

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Michel Lauricella et moi-même…. dernier collage de l’année pour le Collectif Aorte.

Un soir humide de décembre, nous collions dans cette petite rue Toussaint Ferron (Paris 13) dans laquelle nous aimons revenir régulièrement… un peu notre rue chouchoute de collage!

Nous y faisons souvent des rencontres.

Et ce soir-là, un grand black approche, se pose, regarde. Il porte une doudoune et un gros sac à dos. Il nous dit qu’il trouve cela très beau, l’homme, l’oiseau, le geste… Il nous dit qu’on sait faire de belles choses… et que lui, il sait picoler, qu’il s’appelle « Gepetto le charclo », qu’il vit dans la rue et que ça lui plaît de voir de belles choses sur les murs.

C’est toujours délicat quand-même, nous collons, puis nous partons, laissant sur les murs des rues un écho, un double, un fantôme, un espoir… de nous-mêmes… et nous rentrons… et comme d’habitude, nous allons laisser Gepetto le surprenant, son sourire solaire, sa démarche altière, ses vêtements propres, son verbe franc et son regard posé sur un homme qui porte un oiseau blessé ou mourant, ou déjà mort, ou sauvé… il prend son temps, un mot sur l’homme, un mot sur l’oiseau. Puis il nous salue, il sollicite une franche embrassade. Et c’est lui qui s’en va, il sent bon.

Nous restons comme dans son sillage.

Michel a ressenti que Gepetto se sentait plus proche de l’homme, j’ai cru sentir qu’il était plutôt l’oiseau.

Mais en revisitant ce fragment de soir, nous sentions que Gepetto était les deux.

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28 décembre